Après ma découverte de la presqu’île de Crozon, je poursuis ma route un peu plus au sud pour longer à nouveau plusieurs bouts de littoral qui ne font aucun effort pour plaire. Le Cap Sizun et la Pointe du Raz forment en effet un morceau de Bretagne isolé et à l’état brut. Si tu veux comprendre ce qui fait la force de cet endroit et pourquoi tant de randonneurs y reviennent, la suite devrait t’intéresser.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Le Cap Sizun, c’est un bout de France accroché à l’Atlantique, tout à l’ouest de la Bretagne. On est ici dans le département du Finistère, en Cornouaille, là où le pays se termine en falaises et en promontoires battus par les vents. Le territoire forme une presqu’île clairement dessinée, encadrée par la baie de Douarnenez au nord et la baie d’Audierne au sud, et regroupant des communes comme Audierne, Plogoff, Cléden-Cap-Sizun ou encore Pont-Croix.


Pour venir, je te conseille de venir ici en TGV (Quimper) depuis Bruxelles ou Paris
et de louer une voiture sur place.

Je dois l’admettre : le Cap Sizun fait partie de ces territoires auxquels je n’aurais jamais pensé mettre les pieds. Pas par manque d’intérêt, simplement parce que, comme beaucoup, je suis resté fixé sur les mêmes régions de France, celles qu’on m’a montrées plus jeune. La Bretagne, je ne l’ai quasiment pas connue durant mon enfance, et ça joue peut-être plus qu’on ne le croit. Aujourd’hui, en découvrant ce coin du terre, je réalise à quel point cette ignorance était un angle mort. Le territoire est superbe, riche, puissant. Et parfois je « culpabilise » un peu d’être passé si longtemps à côté de ce genre d’endroit…

On ne parle pourtant pas d’un paysage récent : le Cap Sizun porte une histoire très ancienne. À Plouhinec, la grotte de Menez Dregan révèle des traces d’occupation humaines remontant au Paléolithique. Plus tard, la pêche, la navigation et la rudesse du littoral ont façonné la vie quotidienne. Les chapelles dispersées, les ports étroits, les murets de pierre sèche et les maisons de pêcheurs témoignent d’un ancrage profond dans la culture bretonne.

Aujourd’hui, le Cap Sizun reste fidèle à cette identité brute. Falaises abruptes, landes à nu, criques discrètes, mer d’Iroise qui impose son rythme : c’est l’un des paysages les plus forts du Finistère. La Pointe du Raz (classée Grand Site de France) en est l’icône, une avancée granitique où l’on vient depuis le XIXᵉ siècle confronter son regard à l’Atlantique.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Découvrir le Cap Sizun c’est choisir un territoire authentique.
Une terre exigeante, préservée, où l’on marche pour ressentir
ce que signifie vraiment « être au bout du monde ».

Audierne,
une des portes d’entrée du Cap Sizun

Mon arrivée au Cap Sizun se fait directement à Audierne, ce petit port breton posé à l’embouchure du Goyen. La petite ville s’est aussi développée au fil des siècles autour de la pêche et de la navigation, avec un port déjà mentionné à l’époque moderne et renforcé par des ouvrages comme le môle du Raoulic au XIXᵉ siècle.

Cap Sizun et Pointe du Raz

En flânant dans les ruelles et en arpantant les venelles (ces petites rues étroites qui serpentent entre les maisons), je découvre une ville qui a gardé son âme maritime : façades modestes, anciens commerces, traces de l’activité portuaire et vues sur l’estuaire.

L’office de tourisme propose d’ailleurs des visites guidées pour comprendre l’évolution d’Audierne, son lien constant avec la mer et les transformations du port. je continue et je longe les quais vers la passerelle des Capucins puis le halage jusqu’au môle du Raoulic.

Cap Sizun et Pointe du Raz

C’est un lieu simple, agréable,
qui donne immédiatement le ton du Cap Sizun
et qui prépare parfaitement à la suite de mon exploration.

Randonner au Cap Sizun

Le Cap Sizun offre près de 600 km d’itinéraires balisés, dont 16 boucles PR® classées par niveaux de difficulté, et un tronçon spectaculaire du GR®34, qui longe toute la côte escarpée entre le phare du Millier et Pors-Poulhan. Au nord, les sentiers sont plus sportifs : falaises, panoramas sur la baie de Douarnenez, vues sur Crozon et, en point d’orgue, les pointes du Van et du Raz avec leurs phares et l’île de Sein. Au sud, le littoral devient plus doux, avec de grandes plages et un patrimoine riche : chapelles, fontaines, anciens fours à goémon. Une destination complète, à parcourir à ton rythme, selon l’envie d’effort ou de contemplation.

Le GR® de Pays “Tour du Cap-Sizun” (balisage rouge et jaune), enregistré comme GR®34G, permet quant à lui de compléter le GR®34 et de réaliser une grande boucle autour du Cap Sizun en passant par Douarnenez. L’itinéraire compte environ 122 km et se parcourt en 6 à 7 jours. Depuis Pors-Poulhan, le chemin remonte vers Douarnenez par Pouldavid, le port du Rosmeur et Tréboul, avant de retrouver le GR®34 aux Sables Blancs et à la Pointe des Roches Blanches. Une boucle complète et cohérente pour explorer l’ensemble du territoire.

Le Youtar se parcourt aussi à pied en suivant l’ancienne ligne de train qui reliait Audierne à Douarnenez. L’itinéraire traverse Beuzec-Cap-Sizun, Pont-Croix et Audierne, sur des voies sécurisées ou de petites routes, tout en longeant le Goyen, un secteur riche en faune ornithologique. Inauguré en 1894 et arrêté en 1938, le petit train surnommé Youtar pour le son de son sifflet assurait le transport de voyageurs, de marchandises et l’accès vers la Pointe du Raz. Aujourd’hui, la balade fait 12 km pour 150 m de dénivelé, et se parcourt dans les deux sens.

GR®34 de Pors-Poulhan à Trez Goarem
17km / 4h

Je réalise une portion du GR®34 au départ de Pors-Poulhan, un petit port-abri posé à l’est d’Audierne. Ce lieu marque la frontière entre deux territoires bien distincts : le Cap Sizun d’un côté et le Pays Bigouden de l’autre.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Ce matin-là, la tempête Benjamin balaie la côte. Le vent cogne contre ma veste, les embruns me fouettent le visage, et les vagues explosent sur les rochers acérés. L’ambiance est presque inquiétante, avec ce mélange de gris profond, d’écume blanche et de grondement sourd. Et pourtant, je trouve ça magnifique.

Marcher ici, dans ce chaos organisé par l’Atlantique, donne au sentier une intensité rare. C’est brut, vivant, totalement indomptable : exactement ce que j’étais venu chercher.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Ce qui est fou, c’est qu’en été, il parrait que le même paysage n’a plus rien à voir. Là où la tempête forge une scène dramatique, la belle saison transforme cette portion de côte en décor presque paradisiaque : plages baignées de lumière, eau claire tirant vers le turquoise, atmosphère douce et apaisée. Voilà que j’ai envie de revenir !

Le ciel semble s’éclaircir et, au loin, la baie d’Audierne se dévoile, avec le phare du Raoulic, posé à l’entrée du port, facilement reconnaissable sur l’horizon.

Je traverse le port, contourne le centre-ville, puis m’engage sur le chemin de halage et l’avancée dans la mer avant de retrouver le sentier, plus sauvage, au cœur de la nature. D’abord viennent les plages de galets, puis ces derniers laissent place aux dunes, plus douces et plus lumineuses.

Cap Sizun et Pointe du Raz

L’alternance de paysages fonctionne parfaitement : brut, puis apaisé, presque silencieux. Je poursuis jusqu’à atteindre la grande plage et l’anse du Cabestan à Trez Goarem.

Si tu cherches un guide vraiment sympa et qui connaît son territoire sur le bout des doigts, je te conseille de contacter Vic’Tour.

Il t’emmène en jeep ou en van sur des chemins que tu n’aurais jamais osé prendre seul, pour découvrir les secrets du Cap Sizun et de la Pointe du Raz. Avec lui, tu sors clairement des sentiers battus : anecdotes locales, histoires de marins, lieux méconnus… C’est une autre manière d’aborder ces terres bretonnes, plus intime, plus directe, et franchement passionnante.

+33616760768
victourducap@gmail.com

La Pointe du Raz

Je termine donc en beauté en compagnie de Vic’Tour avec la découverte de la Pointe du Raz, l’un des véritables joyaux du Cap Sizun. C’est un site classé, et même si on ne met qu’une quinzaine de minutes à l’atteindre depuis le parking, il se mérite.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Une fois là-haut, rien ne prépare vraiment à ce qui t’attend : un promontoire de granit qui plonge dans l’Atlantique, le Raz de Sein qui gronde, les phares qui se dressent face aux éléments… un décor brut, immense, qui remet les idées en place.

Je te conseille ensuite de prolonger jusqu’à la baie des Trépassés. Son nom laisse imaginer un endroit sombre, alors qu’en réalité c’est tout l’inverse : une plage splendide, ouverte, fréquentée par les surfeurs et ceux qui viennent simplement regarder l’océan.

Cap Sizun et Pointe du Raz

Les couleurs y sont folles, du bleu profond au vert émeraude selon la lumière. C’est l’extrême ouest du Cap Sizun, un coin un peu coupé du monde, où tu peux trouver une tranquillité totale. Une fin de parcours qui vaut clairement le détour.

Où dormir à Audierne ?

Les hébergements ne manquent pas au Cap Sizun, voici d’ailleurs un lien qui te permettra certainement de trouver ce que tu cherches.

Si tu cherches un endroit calme, nature et bien placé pour explorer le Cap Sizun, le Naéco Baie d’Audierne coche clairement toutes les cases.

Installé dans un parc boisé de 3 hectares, juste au-dessus du port d’Audierne et du GR®34, c’est un lieu hybride : à la fois hôtel, camping et gîte commun avec dortoirs, sans oublier la possibilité de louer tentes et cabanes. L’endroit est pensé pour tous les profils, les envies et les budgets.

Labellisé Clef Verte, Naéco affiche un vrai engagement environnemental : gestion raisonnée de l’eau et de l’énergie, déchets maîtrisés, achats locaux, sensibilisation active des visiteurs. Un hébergement cohérent, simple et fidèle à l’esprit du territoire.

Naéco Baie d’Audierne

Où manger à Audierne ?

Tu t’en doutes : impossible pour moi de découvrir une région sans gouter au terroir. Ici, j’ai été servi et j’ai découvert plusieurs adresses que je te recommande franchement.

Le Comptoir de l’Iroise, une table « bistronomique » élégante où le cadre est aussi soigné que ce qu’il y a dans l’assiette. Une adresse posée, raffinée, parfaite pour goûter la cuisine du chef Eric Lavallée. Des influences tantôt locales, parfois plus éloignées, le tout travaillé sans chichi inutile et dans un cadre marin et industriel. Une belle découverte.

Le Grand Large, un bar – restaurant breton que les locaux connaissent bien : des portions généreuses, beaucoup de poisson mais pas que, une cuisine « brasserie » qui plaît, des produits frais et surtout une vue incroyable…

La crêperie An Teuzar, une institution du coin. C’est (très) bon, c’est typiquement breton (il faut absolument goûter une crèpe), c’est abordable et surtout ça sent la bonne cuisine, faite avec passion, pour tout le monde et sans maniérisme.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est like.png.

En quittant le Cap Sizun, j’ai cette sensation étrange de refermer un livre que je n’aurais jamais pensé ouvrir. Je ne connaissais presque rien de cette région et pourtant, elle m’a surpris. Ici les chemins ne cherchent pas à séduire. Et ce qui me surprend le plus, c’est que ce bout de Finistère n’a rien à envier aux autres territoires bretons plus connus. Au fond, cette virée m’a rappelé que certaines régions valent la peine qu’on s’en approche sans préjugés. Le Cap Sizun en fait partie. Un coin que je ne regardais jamais sur la carte, et qui pourtant m’a offert l’une des plus belles surprises de ces derniers mois… et qui donne envie de revenir.

Pour aller plus loin :
www.sensation-bretagne.com
et
www.capsizuntourisme.fr


Cet article est le fruit d’une invitation par Sensation Bretagne en collaboration avec les offices de tourisme locaux.
Merci pour la confiance et le temps accordé pour ce reportage.
Mes propos restent (comme toujours) libres et sincères.
Merci à l’Agence AirPur pour la coordination,
et merci à Sarah pour son agréable compagnie.

Article précédentPresqu’île de Crozon : itinéraires, paysages et randonnée sur le GR®34
Article suivantGueuleton Bruxelles : j’ai enfin découvert LE repère des bons vivants !
Maxime
Je suis Maxime, l'âme vagabonde derrière les récits de « Trekking et Voyage », une oasis pour les amoureux de randonnée, les assoiffés de voyages plus ou moins lointains et les fervents adeptes du plein air. J'ai toujours été passionné des immensités sauvages, des murmures de la nature et des aventures qui transforment l'âme. Tout en étant un épicurien qui savoure la vie à pleines dents, je te partage ici mes récits et mes coups de cœur. L'idée d'être une source d'inspiration et de partage d'expériences me plait, surtout quand les mots sont choisis pour leur vérité et leur utilité. Bonne lecture ! "Happiness is only real when shared" (Christopher J. McCandless dit « Alexander Supertramp »)  

TU ME LAISSES UN PETIT COMMENTAIRE ?

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.