L’Oberland bernois, au sud du canton de Berne, concentre une densité rare de paysages alpins accessibles. Entre Kandersteg, Lenk et Adelboden, tu passes en quelques kilomètres de lacs glaciaires à des vallées ouvertes, de sentiers panoramiques à des expériences plus confidentielles. Voici 5 expériences qui valent réellement le déplacement.
1. Le Blausee :
un lac aux eaux turquoises
Le Blausee est souvent relégué après l’Oeschinensee. Oui, il est plus petit. Oui, il est aménagé. Mais c’est justement ce qui le rend intéressant si tu cherches une expérience plus calme. L’accès est payant, mais il permet de mieux gérer l’affluence. En fin de journée, l’atmosphère y devient beaucoup plus calme…

L’eau y affiche un bleu presque irréel, on voit les truites, les reflets sont nets, et l’on prend enfin le temps de s’arrêter. Dans une région où certains spots sont devenus victimes de leur succès, cela change tout !



BON PLAN : réserve une table au restaurant du lac, on y mange vraiment bien (13/20 au Gault&Millau) et l’établissement n’est pas tombé dans le piège d’un touristique sans saveur et sans âme. En plus, après confirmation de la réservation d’une table au restaurant Blausee, une réduction du prix du billet est proposée.


Plus d’infos et réservations ici
2. La randonnée de la Lötschberger Nordrampe :
entre nature et patrimoine ferroviaire
Avec cette randonnée de la Lötschberger Nordrampe, j’ai vite compris que ce sentier racontait bien plus que des paysages. On longe par moments cette ligne ferroviaire historique du Lötschberg, où la vallée de la Kander se dévoile sous un nouvel angle. Je passe d’un viaduc à un tunnel discret, puis à un point de vue ouvert où tout s’élargit. Ce n’est pas une randonnée spectaculaire à chaque pas, mais elle construit quelque chose, progressivement.

Ce que j’ai aimé ici, c’est cette sensation de lire le territoire en marchant, il y a des panneaux d’information sur le passé ferroviaire de la région qui sont intéressants. La montagne ne se contente plus d’être belle, elle raconte l’histoire, avec les choix humains, avec cette capacité suisse à s’adapter à un environnement exigeant.


La ligne du Lötschberg a été construite au début du XXe siècle pour relier le plateau suisse au Valais, en franchissant les Alpes. À l’époque, c’est un chantier colossal : des centaines d’ouvriers, des conditions difficiles, et une volonté claire de connecter le nord et le sud de la Suisse plus efficacement.
La ligne que je longe en partie ici, était une prouesse technique, avec ses viaducs, ses galeries et ses tracés en balcon au-dessus de la vallée. Aujourd’hui, la majorité du trafic passe par le tunnel de base du Lötschberg, beaucoup plus rapide. Mais cette ancienne ligne est toujours là, presque intacte, comme une trace visible de cette époque où l’homme cherchait à dompter la montagne sans la percer entièrement.
3. Passer une nuit en cabane :
une autre manière de vivre la montagne
Passer une nuit en cabane (en refuge, disent les autres), c’est vivre au rythme de la montagne. J’aime ces moments où tout se simplifie, vraiment. Il n’y a plus grand-chose à faire quand on est là-haut, si ce n’est être là, profiter, poser son sac dans le dortoir et enfiler un vêtement sec.

Observer la lumière qui glisse sur les reliefs, sentir l’air devenir plus frais, écouter ce silence qui n’en est pas vraiment un : il est fait de vent, de bois qui craque, de rires, de quelques pas lointains. Et puis l’odeur de la cuisine qui arrive, l’appel au repas à un timming qu’on n’oserait défier. On met la table, on mange, on papote, on aide à débarasser. Il m’est parfois arrivé d’aller donner un coup de main à la vaisselle… J’adore ces moments.

On ne traverse plus un paysage.
On y habite le temps d’une nuit.
Après le repas, tout ralentit sans qu’on ait besoin de le décider. Les discussions deviennent plus calmes, les gestes plus simples. Puis vient la nuit et avec elle, une forme d’apaisement qu’on ne retrouve plus vraiment « en bas ».


Et au matin, il y a ce moment suspendu. Celui où la lumière revient doucement, où les sommets se redessinent un à un… Tu bois ton café face à ça, sans écran, sans distraction. Juste toi, là, au bon endroit.


La descente n’a alors plus la même saveur. Tu ne quittes pas un point de vue. Tu refermes une parenthèse. C’est pour ça que j’adore ce type d’expérience. La montagne cesse d’être un décor spectaculaire que tu consommes. Elle devient un rythme que tu épouses, une présence que tu ressens, une immersion que tu gardes longtemps après être redescendu. Pour transformer une simple randonnée en expérience profonde, pour te reconnecter à quelque chose de plus simple, plus essentiel.
Réserver une nuit en cabane du CAS Adelboden-Lenk-Kandersteg
4. Adelboden en VTT :
une montagne authentique et accessible
Adelboden offre une autre facette de l’Oberland bernois. Ici, la montagne se découvre aussi très bien en VTT ou en E-Bike. Avec un guide local ou en autonomie, on emprunte des itinéraires qui traversent de magnifiques paysages d’alpage, entre pâturages, chalets et sommets. Ce qui m’a frappé ici, c’est la diversité. Tu peux passer d’une sortie contemplative dans la vallée à une descente engagée en bikepark en quelques heures seulement.
Info pratique : location de vélo possible chez Intersport Hari.

Le bikepark, justement, donne le ton. Il démarre à 1936 mètres d’altitude et plonge jusqu’à la station inférieure, 739 mètres plus bas. Tu enchaînes les modules en bois, les sauts, les virages relevés… puis tu remontes simplement en téléphérique avec ton vélo. C’est fluide, efficace, et ça permet de vraiment profiter sans se cramer dans les montées.

Ici, tu peux aussi construire des itinéraires qui te font traverser le territoire. Moins de voiture, plus de nature. Tu passes de villages de montagne à des forêts plus fermées, puis à des sections en altitude avec des vues dégagées. Tu sens que les parcours ont été pensés pour relier, pas juste pour performer.
Par exemple, le tour sous le Gehrihorn. 36 kilomètres, au départ de Kandersteg. Tu longes d’abord la rivière, presque tranquillement, puis la montée arrive. L’environnement change, les perspectives s’ouvrent, c’est superbe.
Autre ambiance avec le passage par le col du Hahnenmoos, sur l’itinéraire Alpine Bike. Là, tu changes carrément de vallée. Tu passes par Kiental, Frutigen, Adelboden, Lenk… c’est plus qu’une simple sortie, c’est une traversée.


Si tu veux quelque chose de plus condensé mais intense, le tracé de Silleren à Troneggrat est très bien calibré. Trois heures, deux vraies montées, et des descentes qui valent l’effort. Avec en toile de fond des sommets comme le Wildstrubel ou le Lohner.
Et puis il y a des formats plus directs, comme le trail du Höchst. Tu montes en télécabine, et là tu lâches les freins. 3,8 km de pur plaisir, avec des sauts et des virages relevés. C’est court, mais efficace. Pas besoin d’y passer la journée pour prendre du plaisir.
Parmi les belles haltes à retenir dans tout ceci, il y a le Bonderstübli, parfait pour une pause café avec la vraie crème des vaches, ainsi qu’une buvette d’alpage pour savourer un repas simple et généreux à midi.


5. Les cascades de Cholerenschlucht :
une belle surprise près d’Adelboden
Pour terminer un voyage dans la région, je te conseille d’aller découvrir les cascades de Cholerenschlucht, situées à proximité d’Adelboden (reouverture juin 2026).

Grâce à un itinéraire balisé particulièrement agréable en été, on rejoint un canyon aménagé où une structure métallique sécurisée permet de progresser au plus près des parois polies par l’eau. L’endroit est frais, impressionnant, et franchement inattendu.


Où manger et dormir dans la région ?
J’ai posé mes affaires au Blasers Hotel, à Frutigen. Un point de chute stratégique, entre Kandersteg, Adelboden et Lenk. L’hôtel est tenu par la même famille depuis plusieurs générations, et ça se ressent immédiatement. Les chambres sont sobres, confortables, avec cette vue constante sur les montagnes qui te rappelle pourquoi tu es là. Mais l’essentiel n’est pas dans la chambre, il est dans la cuisine.

Philipp Blaser est aux commandes. Le restaurant est reconnu, notamment pour une cuisine qui mélange produits locaux et approche plus exotique.


Et puis il y a tout ce qui gravite autour : la pâtisserie, le tea-room, le travail du chocolat. Tout est fait sur place avec une vraie exigence artisanale.
Merci à Pierre Charlier Photography
pour les jolies photos qui illustrent cet article.
Merci également à Caroline pour l’accueil et la confiance.






















