Comme tu le sais peut-être déjà, j’adore la montagne et la haute montagne. Cette dernière apporte une dimension différente à la découverte de ce milieu si particulier qu’il est impossible d’imaginer sans l’avoir côtoyé. Je te propose cette fois le compte rendu de mon expérience sur le Bishorn, un des sommets les plus accessibles de Suisse, idéal pour une première ascension à plus de 4000 mètres d’altitude !

Bien que je ne sois pas à ma première expérience en haute montagne (j’ai réalisé l’ascension du Mont Blanc, de sommets dans les Écrins et au Kirghizstan) j’avais vraiment envie de grimper ce géant blanc situé au cœur du Val d’Anniviers, dans le Valais Suisse.

Le Bishorn, c’est la montagne que j’observe depuis que je viens randonner dans la région, c’est à dire depuis plus de 12 ans. Je l’ai toujours observé car je savais qu’il était accessible pour moi qui ne suis pas un grand alpiniste. Et de fait, il est souvent considéré comme un des sommets les plus faciles en Suisse (du moins sans grande difficulté technique). Il culmine cependant à 4153 m, ce qui en fait un sommet de haute montagne qui se mérite. Par la voie normale, il faut en effet être capable d’avaler la montée jusqu’à la cabane de Tracuit depuis Zinal (1600 D+) et ensuite grimper jusqu’au sommet (après une nuit à la cabane) pour ensuite tout redescendre habituellement en une fois. (2400 D-). Il est cependant voisin d’autres sommets de plus de 4000 mètres ce qui en fait un objectif de course appréciable et une belle récompense après l’effort de par la vue somptueuse qu’il offre à son apogée…

Il est donc nécessaire d’avoir une excellente condition physique pour arriver au dessus et surtout d’être accompagné par un professionnel de la montagne si on n’a pas l’expérience. Certains passages sur le glacier de Tourtemagne sont délicats et je ne le ferais pas seul. Je suis donc personnellement passé par le Bureau des Guides du Val d’Anniviers qui propose des encadrements dans la région (escalade, canyoning, alpinisme, via ferrata, randonnée glaciaire).

La cabane de Tracuit.

Le prix de l’accompagnement pour la tentative d’ascension du Bishorn est de 350 CHF par personne (collectif, min 4 personnes inscrites), soit environs 315 €. La réservation et la demi-pension à la cabane de Tracuit sont comprises. Pour un tarif en individuel, il est préférable de contacter directement le bureau des guides (info@guides-anniviers.ch) pour un devis précis. Concernant uniquement la nuitée à la cabane de Tracuit, le tarif se monte à CHF 95.- avec la demi-pension, CHF 15.- pour le pique-nique et CHF 4.- pour la taxe de séjour.

Voici donc mon récit.

J’entame seul la montée depuis Zinal en laissant mon véhicule sur les hauteurs du village. Il est cependant préférable de le laisser sur le parking plus bas.

La montée est composées de nombreux virages qui me font rentrer dans une petite forêt puis sortir dans les alpages. Je suis déjà équipé de mes chaussures d’alpinisme mais je meurs de chaud…

Vache dans les alpages, race d’Hérens.

Il s’agit d’une belle mise en jambe assez soutenue pour la suite…

Après un passage plus raide, j’arrive sur un replat sur lequel je prends la direction de la Cabane de Tracuit où j’ai rendez-vous à 17h00 avec mon guide. Il convient donc de prendre mon temps car il n’est que midi. Les bons marcheurs atteignent le refuge en 4-5 h depuis Zinal.

La vallée de Zinal, en contrebas.

Le reste de la montée se fait dans un décors plus minéral dans lequel j’aperçois la forme moderne de la cabane en tout petit…

Après un passage final plus raide et équipé de chaînes, j’arrive à la cabane soulagé. Voilà déjà une bonne chose de faite.

On m’avait prévenu, la vue depuis la cabane
à elle seule vaut l’effort de la montée.

Le temps se couvre, je rentre me réchauffer, je me pose avec une bonne assiette de fromage et un peu de lecture.

Je rencontre David, mon guide, nous échangeons un peu avant de manger un copieux repas, faire le point matériel et aller dormir pour être en forme le lendemain. Nous nous levons à 4h15 pour un départ à 5h tapantes !

Les dernières lumières de la journée sont magiques…

La nuit a été bonne et je suis en forme, c’est déjà une bonne chose. Comme à mon habitude, je peine à avaler quelque chose le matin. Il est pourtant primordial de faire le plein d’énergie avant d’entamer l’ascension. Nous ne traînons pas car nous ne sommes pas seuls sur le départ… Je m’équipe, écoute les derniers conseils de David qui passe en tête.

C’est parti !

L’ambiance matinale est juste exceptionnelle.

Jamais je pense je ne me lasserai d’un tel spectacle !

Le passage sur le glacier est délicat. Il convient vraiment d’être équipé en conséquence, de s’assurer et de ne pas s’y aventurer seul surtout sans expérience…

David en tête.

Nous entamons ensuite la montée. Sans être compliquée d’un point de vue technique, elle s’avère longue et l’effet de l’altitude se fait vite sentir. Mais qu’est-ce que c’est beau !

La course vaut vraiment la peine, on est entourés de superbes montagnes qui imposent le respect. On a comme l’impression de tout survoler, de voler. Les couleurs inondent le ciel et transforment les sommets…

Je ne suis pas loin du paradis !

Pas après pas, crampons aux pieds et dans un rythme calme mais constant on arrive sans soucis à la barre des 3800 mètres. Ce palier représente pour moi un effort assez conséquent car l’effet de l’altitude commence à se faire sentir. Il est temps de boire et de manger un morceau de barre de céréales. Il doit être 9h30…

Je prends mon temps, je respire, je regarde autour de moi et j’apprécie le moment.

Un coup d’œil derrière moi me réconforte en voyant le chemin parcouru.

Nous ne sommes pas pressés, les conditions sont bonnes (nous avons beaucoup de chance avec la météo), il n’y a pas trop de monde… c’est la course parfaite !

Je me sens super bien, nous continuons avant d’entamer la montée vers le couloir final, celui qui amène au ressaut avant le sommet. Cela devient plus raide et le cardio s’affole.

« Relax, on va y arriver tu gères Max ! » me dit David.
Des paroles ultra efficaces à ce moment où je « souffre » un peu.
Mais il a raison, je vais y arriver. On va y arriver…

Il reste une centaine de mètres à marcher, nous avons passé la barre des 4000 depuis une demi heure, je suis déjà ravi, mais je pousse l’effort jusqu’à la fin. Je check encore un petit coup derrière moi et je me dis au fond de moi: « Putain qu’est-ce que c’est beau !« . Je sais pourquoi je suis là.

Et on puis nous arrivons au sommet, une sorte de dôme accueillant qui offre une vue exceptionnelle sur les majestueux sommets voisin tel le fameux Weisshorn qui culmine à 4505 mètres !

David me félicite, je le remercie de m’avoir emmené là-haut… je suis heureux 🙂

Petit selfie au sommet avec mon guide David Wicky.

Après avoir profité du moment nous redescendons par le même itinéraire. Jusqu’à la cabane où je craque pour un énorme repas bien mérité. On ne me changera pas…

MON AVIS

On m’avait dit « Fais gaffe, le Bishorn, comme la plupart des sommets réputés faciles, ce sont des autoroutes ! Tu vas pas aimer, c’est rempli de monde. »

Qu’on se le dise : certes nous étions une vingtaines au départ de la course le matin même (ce qui m’a en effet un peu fait peur) mais nous sommes partis au compte goutte et jamais je n’ai été gêné par une cordée durant mon ascension.

Au sommet, nous étions 5 ou 6 tout au plus et c’était tout à fait appréciable. Peut-être ai-je eu de la chance ? En tout cas je ne regrette pas une seconde mon choix pour ce sommet qui est facile techniquement en effet, mais plutôt long et éprouvant physiquement. Sans parler de la descente qui jusque Zinal fait vraiment chauffer les cuisses…

Bref, je recommande franchement la tentative d’ascension du Bishorn pour celui ou celle qui a envie de découvrir le magnifique milieu de la haute montagne sans devoir se mettre dans des situations trop engagée. Si tu es en bonne condition physique, n’hésite pas ! En plus c’est VRAIMENT une belle course au cœur de quelques-uns des plus mythiques sommets des Alpes…

Matériel

On ne va pas en montagne sans le matériel adapté, encore moins en haute montagne. Ton guide emportera avec lui tout ce qui est cordages et équipement de secours. Il conviendra d’avoir avec toi : ton propre harnais, des crampons de randonnée glaciaires, des chaussures d’alpinisme, un piolet manche droit, des lunettes de soleil (Cat.4) pour te protéger des reflets sur la neige et la glace.

N’oublie pas les habituels baumes à lèvres, crème solaires, gants, bonnet, doudoune, veste imperméable technique et ce même si les conditions annoncées sont bonnes !


Cet article est le fruit d’une ascension invitée par le Bureau des Guides du val d’Anniviers en collaboration avec Anniviers Tourisme. Je les remercie pour leur confiance. Mes propos restent cependant (et comme toujours) libres et sincères.