Voici le récit de mon voyage dans les Îles Féroé à la découverte de paysages absolument époustouflants que j’avais envie de voir de mes propres yeux depuis un bon moment. J’espère que tu es bien accroché(e) car « ça va envoyer du lourd » comme on dit… Je te souhaite une bonne lecture !

Cela faisait en effet un bout de temps que j’avais envie de découvrir cet archipel de l’Atlantique Nord situé entre l’Ecosse et l’Islande. Ces 18 îles principales forment un territoire autonome danois figurant parmi les plus isolés et les moins connus d’Europe. Et pourtant ce ne sont pas les paysages grandioses qui manquent dans les Îles Féroé : des cascades sans fin qui se jettent dans l’océan, des falaises abruptes couvertes d’oiseaux, des pics acérés qui émergent de la brume, des villages pittoresques de pêcheurs, des troupeaux de moutons dont la laine épaisse se meut au gré des puissants vents insulaires, des maisons en bois couvertes d’un toit d’herbes, etc. Tous ces éléments dessinent un magnifique tableau que je me devais de te partager…

Une photo qui vaut mille mots…

Ces terres viking presque inexplorées
et dont le peuple est si fier m’ont tout bonnement ensorcelé.
Je te donne envie ? Attends, tu n’as encore rien vu…

C’est grâce à une émission de télévision mais aussi en visitant quelques blogs de voyages (coucou Clo & Clem, Melissa et Julien) que j’ai vraiment eu envie de me rendre dans cette destination peu connue… On peut dire qu’ils ont vraiment bien vendu la destination.

Les Îles Féroé sont cependant souvent pointées du doigt dans les médias à cause du Grindadráp (« le Grind »), une tradition qui consiste à chasser baleines et dauphins chaque année dans l’archipel. Bien qu’elle soit ancestrale et faisant partie intégrante des traditions féroïennes, je ne cautionne pas cette pratique.

Faut-il cependant boycotter la destination pour autant ? Je ne pense pas. Chacun fait évidemment ses choix en âme et conscience mais je pense sincèrement que ce n’est pas en ignorant un pays (qui ne vit pas forcément du tourisme) pour ses traditions qu’on fera évoluer la situation. De plus, des traditions ne reflètent pas toute une population. Si j’allais dans ce sens, je pourrais aussi montrer du doigt : l’Espagne pour les corridas, la Chine, l’Islande, la Norvège ou le Japon pour la chasse à la baleine, le canada pour la chasse aux phoques, encore une fois la Chine et la « fête » du chien, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, comme l’Indonésie, qui massacrent des millions de requins pour leurs ailerons, la France pour le foie gras ou la pèche massive des dauphins en Vendée, et j’en passe !

Je pense plutôt qu’il faut mettre le doigt sur la situation et en parler, sensibiliser, et peut-être faire bouger les choses. Pas forcément en postant des photos du massacre sur les plages ensanglantées (car selon moi on en a assez vu), mais en comprenant aussi que tous les habitants des Îles Féroé ne cautionnent pas cette tradition et la majorité est même neutre… Il faut donc discuter avec les habitants et non nous monter contre eux. Qui sait, ils seront peut-être amenés à reconsidérer cette tradition qui est (encore une fois de mon point de vue) totalement inutile. Reprenons encore l’exemple de l’Islande où ils ont apparemment compris qu’une baleine rapportait plus d’argent vivante (croisières photo) que morte… Un petit pas qui est révélateur de l’intérêt d’en parler !

Terres viking

Ceci étant dit, je vais te parler des endroits que nous avons aisément découvert dans les Îles Féroé en une semaine avec notre véhicule de location. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Cette durée d’une semaine me semble idéale pour explorer les principaux lieux remarquables mais une dizaine de jours ne seront pas de trop si tu veux aller découvrir les plus petites îles plus isolées ou échanger davantage avec les locaux. Parlons des locaux justement : un peu froids aux premiers abords, il suffira souvent d’échanger quelques mots pour les dérider et constater que les féringiens peuvent être chaleureux, accueillants et curieux d’en savoir davantage sur nous. Mais qu’on se le dise, j’ai parfois eu l’impression d’être un « touriste de plus » dans ce paradis. Ces terres viking jadis isolées et tranquilles deviennent de plus en plus populaires, ce qui ne plait pas forcément à tous les habitants. J’espère juste qu’on ne va pas voir arriver le même phénomène qu’en Islande et tomber dans le piège du tourisme de masse impossible à gérer…

Une chose est certaine : si je te donne à mon tour envie de découvrir ce sanctuaire, je compte vraiment sur toi pour y voyager responsable. Cela commence par rester sur les sentiers, ne laisser aucune trace de ton passage, rester discret, poli et courtois avec les locaux, respecter les indications, etc.

Vagar

Après une interminable descente dans les nuages gris et une approche rapide au dessus des flots et des reliefs féroïens, notre avion se pose sur le minuscule aéroport international situé sur l’île de Vagar. Après avoir récupéré notre voiture de location juste en face, nous entamons notre exploration… Je suis accompagné de Sam, mon vidéaste et associé qui va réaliser la vidéo de ce séjour.

Il faut savoir que Vagar est un peu la zone « emblématique » des Îles Féroé. Quand on fait une petite recherche sur Google, la plupart des lieux qui apparaissent dans les résultats se trouvent en effet sur cette île. Et pour cause, elle abrite des pépites incroyables…

Nous prenons donc directement à gauche et roulons une dizaine de minutes pour aller découvrir la fameuse cascade du village de Gásadalur. On commence en force… Ce petit village accroché à la montagne et entouré des plus hautes montagnes de l’île (722 mètres) et probablement le plus isolé de l’île. Il fut aussi le plus isolé de l’archipel avant la construction du tunnel qui permet dorénavant de s’y rendre. Sans cela, seul l’accès à pied ou en hélicoptère était possible. Un sentier mène au dessus de la cascade depuis la route. Un escalier abrupte déchiqueté par les flots descend vers l’océan, il fut utilisé en 1940 comme « port ».

Gásadalur, le minuscule village au fond d’un cul de sac et sa majestueuse cascade.

En revenant sur ton chemin, n’hésite pas à garer ta voiture pour découvrir les jolies maisons de Bøur. Toujours sur Vagar, je te conseille aussi d’aller découvrir Trøllkonufingur (Witch Finger ou le Doigt de la Sorcière). Tu comprendras rapidement pourquoi cet endroit s’appelle comme ça… Un sentier de randonnée permet d’explorer le coin.

La route vers notre chambre d’hôte est juste à couper le souffle…
Nous roulons une grosse demi-heure vers Tórshavn, la capitale,
où nous séjournons toute la semaine.

Toujours sur Vagar, nous allons aussi découvrir un des endroits les plus impressionnants de l’île, mais aussi un des moins connus. Juste derrière l’aéroport, une sente presque effacée au départ des hauteurs de Sørvágur permet de traverser des pâtures et de randonner une grosse demi-heure avant de tomber sur Dunnesdrangar.

Cet endroit est juste incroyable…

La prudence est de mise près des bords car le puissant vent insulaire déstabilise tout qui ose l’affronter.

Toujours au départ de Sørvágur (parking près de HiddenFjord, l’usine d’élevage de saumon), nous entamons une randonnée d’une bonne heure pour aller découvrir l’arche de Drangarnir.

Nous sommes cependant très étonnés de trouver au début du sentier une pancarte sur laquelle il est inscrit que le sentier est interdit d’accès sans guide ou l’autorisation du propriétaire des terrains traversés. Prix affiché : 550 DKK (73 €). Nous digérons l’information et hésitons à continuer mais une mention stipule que des randonnées sont organisées du 1er avril au 1er octobre. Nous sommes le 29 octobre, il n’y a personne et nous sommes pris de court. Nous décidons de continuer et de marcher prudemment…

L’effort en vaut cependant la peine. L’arche qui apparaît après une petite heure semble surgir des abysses. Il convient de regarder parfois où on met les pieds mais la randonnée n’a rien de technique.

Drangarnir et juste derrière, l’île acérée de Tindhólmur.

Une fois au pied de l’arche, n’hésite pas à grimper quelques minutes jusqu’au dessus du massif pour apprécier la vue sur les falaises…

Notre exploration de Vagar se termine par la randonnée au lac de Sørvágsvatn (ou Leitisvatn en anglais).

Le début de la randonnée se fait depuis un parking situé sur le dessus du village où il faut (encore) s’acquitter d’une taxe de l’équivalent de 20 € pour continuer. J’espère que le prix en vaut le coup, car j’ai vraiment du mal avec ce système. Je ne suis pas contre de payer une petite participation pour les gens qui entretiennent les sentiers, mais là ça fait un peu mal pour une randonnée de 5 km.

Ce lac est le plus grand des Îles Féroé et a la particularité
d’être comme suspendu au dessus de la mer.

Il ne s’agit pas d’une illusion d’optique, ce sont bien des falaises rocheuses d’une trentaine de mètres qui retiennent les eaux limpides de ce lac.

La meilleure prise de vue se fait 70 mètres plus haut et donne encore plus une impression de grandeur. Nous en profitons pour faire le crochet jusqu’à la cascade nourrie par les eaux du lac qui se jettent en se mélangeant aux tumultes de l’Atlantique.

Je ne regrette sincèrement pas d’être venu jusque là mais le prix qu’on a payé me reste en travers de la gorge. Il est temps de m’éloigner de ces lieux populaires et convoités des touristes…

Streymoy

Nous allons donc dans un premier temps vers Tjørnuvík pour découvrir un village solitaire établi face à une plage de sable noir dans le nord de l’île. L’endroit est calme et presque désert à cette période (octobre).

Tjørnuvík

En revenant vers le long du fjord par la route 594, nous faisons une pause pour aller admirer Fossá, une jolie cascade qui se divise en 2 étages. Bien que situé en bord de route, l’endroit est très spectaculaire…

Nous revenons jusque Streymnes pour prendre à droite vers Saksun, un autre village à nouveau isolé au cœur des terres qui s’ouvrent sur une plage au fond d’un cirque entouré de montagnes. Nous sommes accueillis par le fermier qui habite près des maisons probablement les plus photographiées de Îles Féroé.

Saksun

Un peu bourru, il nous demande de rester sur le chemin sous peine d’amende. Surpris, nous tentons d’échanger avec lui. Cet homme est fatigué de voir les gens piétiner ses terres. Il se plaint aussi de n’avoir aucun support de l’Etat pour entretenir et se préparer à l’affluence des touristes de plus en plus grande. Nous lui promettons de faire passer le message.

Si tu vas dans le coin, respecte vraiment les indications de stationnement et reste bien sur le sentier prévu.

L’église de Saksun, presque seule face à la nature.

Le retour sur Torshavn nous offre les lumières du Valhalla…

Eysturoy

Le lendemain, nous allons sur une troisième île
pour découvrir dans un premier temps le village de Funningur.

Nous en profitons pour aller crapahuter une bonne heure sur les hauteurs et apprécier un panorama unique sur les fjords (Parking le long de la route). Ce moment est probalment le plus intense que j’ai vécu dans les Îles Féroé !

Tout s’y prête : la lumière, l’ambiance indescriptible, l’humeur, les rayons du soleil qui transpercent les nuages et qui laissent apparaître le firmament des cieux… je suis comblé.

Nous décidons ensuite d’aller voir dans le village ce qu’il s’y passe… On dit que c’est là-bas même que le premier viking s’installa aux îles Féroé vers l’an 800 !

L’église de Funningur date de 1847.

Nous continuons notre route vers Gjógv, un joli petit village dont le nom signifie ravin. Le port se trouve en effet dans un contrebas important à côté du village. Une promenade permet d’aller explorer les hauteurs du village.

Le bitume nous amène en ensuite à Eiði où nous découvrons le fameux terrain de football au bord de l’eau et une petite maison de pierre en empruntant la rue Malarvegur.

Bordoy & Kalsoy

Pour la dernière partie de ce voyage, nous décidons de nous rendre sur l’île de Bordoy à Klaksvík (deuxième plus grosse ville de l’archipel avec 5000 habitants) où nous allons prendre le ferry. Ce moyen de transport est très utilisé car c’est parfois l’unique moyen pour se rendre sur certaines îles. Je te conseille cependant de bien vérifier les horaires surtout en hiver afin de ne pas te retrouver coincé de l’autre côté sans retour possible avant le lendemain, voire un jour ou deux plus tard… Il faut savoir aussi que les insulaires sont toujours prioritaires sur les touristes lorsqu’ils prennent le ferry. N’hésite donc pas à arriver un peu plus tôt histoire d’avoir ta place sur le bateau lorsque tu es avec ton véhicule.

Le ferry nous amène donc sur l’île de Kalsoy où nous gambadons une bonne heure depuis Trøllanes. L’isolement de l’île donne à notre petite incursion d’une journée une saveur toute particulière d’aventure et d’inconnu. Nous randonnons vers le fameux phare Kallur pour découvrir le dernier panorama à l’extrême nord de l’île. Ce seront les dernières photos du séjour (petit pincement au cœur).

Les Îles Féroé : infos pratiques

Comment s’y rendre : Il est possible de te rendre dans les Îles Féroé en bateau (ferry depuis Copenhague ou Allemagne) ou ou en avion (vol direct depuis Paris, escale à Copenhague depuis Bruxelles ou Amsterdam). Le tarif moyen du billet d’avion A/R est d’environs 400 € par personne en cherchant bien.

Se déplacer sur place : Sur place, je te conseille vivement de louer ton propre véhicule pour circuler librement. Le réseau de bus est cependant bien développé si tu préfères cette solution qui demande cependant plus de temps. Les bus rouges sont gratuits à Torshavn. Nous avons loué notre véhicule via www.bsp-auto.com, un site de location français dédié à la location de voitures avec une équipe basée à paris et disponible 7 jours/7. Un 4×4 n’est pas nécessaire, les routes sont en très bon état et rarement accidentées.

Je te conseille de prendre le forfait pour certaines routes payantes directement au bureau de location, il revient moins cher que de payer par trajet si tu restes une semaine. Les voitures sont scannées à chaque passage automatiquement et c’est à ce moment là qu’une vérification est faite. Si tu as payé le forfait, tu es tranquille, sinon tu seras facturé par passage et le tarif peut vite monter ! Les stations services sont nombreuses et parfaitement équipée (n’oublie pas d’y goûter un délicieux hot-dog). Le carburant est moins cher qu’en France ou Belgique !

Dernier conseil : la prudence sera de mise particulièrement aux entrées des tunnels qui sont parfois à une voie. Le vent et gel sur la route peuvent aussi être très surprenants ! Reste finalement toujours vigilent en conduisant : des moutons en liberté peuvent surgir de nulle part et ruiner ton séjour…

Climat : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le climat y est relativement doux malgré la latitude nord. Le temps sur l’archipel peut cependant être très venteux, nuageux, brumeux, pluvieux ou même ensoleillé tout au long de l’année. Le temps y est imprévisible et très changeant.

Argent : Comme dans la plupart des pays nordiques, la vie coûte cher dans les Îles Féroé. Faire ses courses est très facile dans un des nombreux supermarchés mais attend toi à doubler voir tripler le prix des certains articles par rapport à la France ou la Belgique. La monnaie utilisée est la couronne danoise. J’ai tout payé par carte bancaire.

Quand aller dans les Îles Féroé ? Nous y étions en octobre et nous avons croisé peu de touristes. Les journées étaient cependant courtes. Je conseillerais d’y aller en mai ou en septembre pour éviter la foule estivale…

Electricité : Même prises qu’en Europe.

Sécurité : Les Îles Féroé est une région très sécurisée. Pour exemple, les habitants laissent régulièrement leur maison ou leur voiture ouverte. Un accord tacite de respect existe entre les habitants et tout désordre provient plutôt des touristes…

Où bien manger ? Nous avons testé trois adresses dans la capitale. La première est le bar à burger Haps. Ce restaurant sert de très bons burgers pour une vingtaine d’euros (avec des bonnes frites). Nous avons aussi mangé un délicieux « fish&chips » à l’Irish Pub à prix très démocratique. Finalement, nous avons dégusté un excellent repas au restaurant Katrina Christiansen dans un cadre authentique raffiné et très agréable (et forcément plus onéreux).

Nous recommandons vivement !

Où dormir dans les Îles Féroé ? Nous avons cette fois loué une chambre sur le site Airbnb pour dormir chez l’habitant. Cette expérience fut une réussite, Jorgen nous a accueilli dans une de ses chambres aux cœur même de la capitale. Nous avions notre petite kitchenette et salle de douche partagées avec les autres locataires et nous avions le petit-déjeuner offert dans les nuitées : 48 € la nuit pour 2 personnes. Recherche « Bed and breakfast in the heart of Thorshavn » et tu tomberas sur ses logements 🙂

Mon avis : Pour résumer, Ce voyage m’en a mis plein la figure…

La dernière fois que j’avais ressenti cela, c’était en Islande.
Ces paysages semblent sortir tout droit de décors de films, voire d’une autre planète !

Chaque détour vaut la peine d’être fait, chaque arrêt au bord de la route est un tableau,
une peinture unique à couper le souffle.

Ce voyage fut sincèrement une merveilleuse découverte…

La vidéo de notre séjour

Parce que des images valent mieux que mille mots (ou plus exactement 2806 mots).


Ce voyage a été réalisé en collaboration avec Grand Nord Grand Large, l’agence de voyage Française spécialisée dans les escapades nordiques. Merci à eux pour leur confiance. N’hésite pas à consulter leur offre de voyages sur mesure dans les îles Féroé pour découvrir ces contrées spectaculaires en toute sérénité !

Les propos de cet article sont (comme toujours) libres et sincères. 

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