Après mon 8ème voyage en compagnie d’élèves dans le Val d’Anniviers, j’ai décidé de vous parler de mon ressenti par rapport à l’impact que peut avoir la randonnée pédestre sur nos chères têtes blondes. Je ne suis pas parent, mais vous seriez en effet étonnés de ce que j’ai pu constater lors des journées de balades avec mes élèves. Force est de constater également qu’il existe aussi des petits trucs et astuces qui pourraient, qui sait, donner le goût de randonner à vos enfants… 🙂

Comme on le sait tous, la randonnée pédestre est bonne pour la santé et le moral, quel que soit l’âge, tant que le corps le permet et à condition de le pratiquer intelligemment…

PACES


Quel impact ?

Pour les jeunes, on peut comparer la randonnée pédestre (mais également d’autres sports outdoor comme la course à pied) d’une véritable éducation à la santé, à la sécurité et à l’environnement chez l’enfant.

Exactement comme à l’école, en éducation physique, où l’on retrouve ces 3 axes développés au cours (le quatrième étant l’éducation à l’expression qui est plus difficile à approcher en randonnée, sauf si on demande par exemple à l’enfant de rédiger un compte-rendu ou un journal de bord sur sa journée de randonnée, mais je vous mets au défi… 🙂 ).

En effet, la randonnée incite dans un premier temps à une bonne hygiène de vie (nourriture adaptée, s’hydrater, etc.), une pratique saine et sécurisée (commencer doucement l’effort, s’étirer, assurer ses appuis, prudence au bord du vide, etc.), mais aussi au respect de l’environnement (on ne jette rien, on ne crie pas, on ne cueille pas tout et n’importe quoi, etc.).

De plus :

  • Elle permet d’entretenir une bonne fonction musculaire.
  • Elle développe les capacités respiratoires sans rentrer dans un effort plus soutenu et risquer des crises. En effet pratiquée de manière judicieuse elle peut améliorer le traitement des bronchites chroniques et l’asthme.
  • Elle améliore aussi le contrôle du diabète et diminue les risques d’accident vasculaires.
  • Elle renforce le système immunitaire.
  • Elle développe le sens de l’équilibre et la psychomotricité générale dans le mouvement.
  • Elle stimule, associée à l’apport en calcium (1g/j), la formation du tissu osseux de par les contraintes mécaniques. D’où son intérêt pour les jeunes en pleine croissance qui constituent leur capital osseux.
  • Le cerveau a une meilleure oxygénation, ceci participe à son bon fonctionnement, aide à la récupération après lésion et lutte contre les maladies dégénératives.
  • Elle est un des moyens de lutter contre le surpoids et l’obésité, mais aussi l’ennui, le désinvestissement scolaire et social ; elle canalise l’agressivité naturelle (enfant concentré sur un objectif), favorise les capacités d’attention, l’estime de soi (on est fier d’arriver à la fin, etc.), l’intégration sociale (entraide, encouragement, marche en groupe, discussion, etc). Elle diminue le stress et l’anxiété et donne une meilleure estime de soi. Pratiquée en club, elle permet en outre de renouer le lien social chez des jeunes…
  • Elle éveille nos sens, en observant par exemple la faune et la flore qui nous entourent. Randonner est un moment idéal pour entrer en communion avec la nature et éveiller ses sens…

Cette liste non exhaustive est déjà un bon alibi pour inciter les jeunes à randonner, mais on se doute que ce n’est pas nécessairement cela qui va les convaincre…

© Kazaden – Pio3
© Kazaden – Pio3

Suscitez l’intérêt !

C’est bien là le nerf de la guerre… 🙂 Il n’est pas raisonnable de demander à des enfants de venir marcher dix heures d’affilé avec le sourire, avec la perspective de remettre ça le lendemain. Surtout que le manque d’intérêt plus qu’une panne physique sera le premier obstacle d’un refus de continuer, voir même de commencer…

Donnez l’envie de randonner à vos enfants… Il est facile de leur montrer au préalable des photos du parcours prévu… Selon celui-ci, il sera possible de trouver des images de panoramas et autres vues intéressantes. Fixez un but qui sera attrayant (un château, une cascade, une ruine médiévale, une grotte, un mont) et qui sera être un argument de poids. L’itinérance peut être un alibi et une expérience unique surtout avec des ados en quête d’aventure comme peuvent le faire certains aventuriers devenus des stars de la TV…

Maintenez l’attention… Une fois les enfants convaincus, il est aussi sympathique de se prêter au jeu pendant la rando, de raconter des histoires, commenter le paysage (l’histoire du château, la légende du chevalier, etc.) histoire de maintenir l’attention et l’intérêt. Le long du littoral, penser à passer par des falaises, des châteaux ou des vestiges de la guerre 40 par exemple 🙂

Pensez au GEOCACHING… le fait de chercher un « trésor » avec votre appareil GPS ou votre smartphone pourrait bien les motiver et rendre l’activité excitante, voir passionnante 😉

Proposez des sorties entre amis… L’adolescent sera aussi plus disposé, voir motivé – pour effectuer certains itinéraires avec le sourire en compagnie d’amis ou au sein d’une structure type « colo », qu’il n’aurait effectués qu’en traînant les pieds, et sa mauvaise humeur, en compagnie de ses parents…
Les animaux en balade sont aussi de réels outils… Privilégiez des tracés avec plus de chance de rencontrer un bouquetin, un chamois, un aigle ou marmotte en montagne, ou tout autre gibier en forêt/plaine. Il est aussi important d’insister sur le fait de ne pas crier et de respecter le calme en randonnant sous peine de faire fuir toute cette faune…
www.montagne-oisans.com
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Responsabiliser l’enfant et l’adolescent :

Afin de maintenir cet intérêt et d’éveiller une éventuelle passion, il est judicieux de l’impliquer lors de la préparation et tout au long du parcours. Il est intéressant de lui apprendre à repérer sa position sur la carte, associez-le aux décisions de directions et sollicitez sa capacité de jugement…

Laissez-le partir devant, « libre » (lorsque le terrain le permet) en fixant des points de rendez-vous réguliers et en insistant sur la pratique de la randonnée « saine » : ne pas se pencher vers le vide, assurer ses appuis, marcher lentement en montée, contrôler sa respiration, ne pas jeter de pierres, ne rien laisser dans la nature, ne pas gaspiller l’eau, économiser ses forces et ses provisions, etc.

L’aspect d’entraide est aussi un facteur non négligeable. On doit sensibiliser l’enfant à encourager ses condisciples en difficulté lors de randonnées en groupe. Il ne sera pas étonnant ceci dit de voir cet aspect se développer naturellement face à la dureté du milieu.

J’ai souvent surpris des enfants alléger le sac de leur camarade pour les aider, ou les pousser dans le dos en montée, voir se donner à boire… et c’est là que je me dis que je ne suis pas là avec eux par hasard 🙂

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De la balade au trek « itinérant », en passant par la randonnée à la journée…

C’est le choix de la balade et de la randonnée, la difficulté, la variété des étapes et les découvertes promises tout au long du parcours qui seront les paramètres majeurs d’une sortie réussie. Nous n’irons par exemple pas en haute-montage avec un enfant en bas âge, comptes tenus des risques liés aux basses températures et aux chemins souvent plus techniques et engagés…

Comme dit plus haut, l’itinérance reste une expérience à part surtout avec des ados en quête d’aventure mais la randonnée en étoile peut faciliter le déroulement de votre séjour surtout avec des plus jeunes. Elle permet surtout de gambader autour d’un point fixe qui pourra être un camping ou un hôtel. Et chaque jour, d’adapter le programme du lendemain aux humeurs des enfants tout en conservant la possibilité de rester sur place en cas d’intempéries ou de grosse lassitude/fatigue…

Il est important de ne pas s’engager dans la nature sans connaissances préalables. Il est donc préférable d’être accompagné d’un guide randonnée ou montagne qui assurera le bon déroulement de votre sortie, si vous ne vous en sentez pas capable. Le manque de connaissances du milieu ne doit pas être un obstacle si vous vous entourez des bonnes personnes.

Aussi si vous décidez de vous lancer, assurez vous d’emmener vos enfants sur des chemins balisés et permettant un accès facile à un point de secours ou d’alerte, mais surtout adaptés à leur niveau.

www.office-de-tourisme-des-sucs-aux-bords-de-loire.fr
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Quelles distances ?

D’après plusieurs théories, on dit qu’un enfant marche son âge… Ainsi, un enfant de six ans sera capable, grosso modo de parcourir six kilomètres. Ça c’est pour la théorie…

Il n’est cependant pas conseillé de faire randonner avant 4 ans : le portage de votre petite frimousse est néanmoins possible grâce à un porte-bébé adapté et sécurisé. Attention aussi à ne pas dépasser des séquences de deux heures car, immobile, l’enfant pourra souffrir du froid comme du chaud, sans qu’il ne s’en plaigne.

Attention à ne pas vouloir faire de trop longues distances, sous peine de dégoûter l’enfant voir de le blesser alors qu’il est encore en plaine croissance. Les pauses régulières sont donc conseillées, quitte à adapter l’itinéraire en cas de « retard » sur le planning.

www.orao.com
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L’altitude ?

0 à 2 ans : les ascensions réalisées en dessous de 2 000 mètres n’entraînent pas de risques majeurs de mal aigu des montagnes. À plus haute altitude, le risque de « mort subite inexpliquée du nourrisson » peut être augmenté tout comme le risque de MAM (mal des montagnes subaigu infantile), particulièrement difficile à identifier à cet âge.
Enfant de 5 à 10 ans : la plupart des enfants de cette tranche d’âge ne souffriront pas lors de séjours à moyenne altitude (jusqu’à 3 000 mètres). Au-delà, l’enfant doit faire l’objet d’une surveillance rapprochée et d’un traitement d’urgence si nécessaire. La plupart des enfants de moins de 5 ans n’ont pas conscience de l’intérêt du séjour en altitude et peuvent profiter de l’environnement sauvage à des altitudes inférieures.
Au-delà de 10 ans : à cet âge, les séjours en altitude ne sont pas contre-indiqués. L’enfant est physiquement apte à supporter l’altitude et il est aussi capable de décrire son ressenti en cas de soucis. Il ne semble pas que l’enfant soit plus exposé à la pathologie de l’altitude que l’adulte. Attention cependant à respecter les règles de paliers inhérents à la rando en altitude.

Quel équipement ?

En ayant à l’esprit qu’il ne sert à rien d’investir si vous ne prévoyez que quelques balades dominicales, il est cependant important de rappeler que l’équipement pour l’enfant doit être adapté, autant que le vôtre. Dans l’idéal vous devrez penser à :

Chaussures de marche : tiges hautes et semelle de qualité pour éviter les entorses et assurer un pas fluide.
Veste technique : coupe-vent, imperméable et si possible respirante (et selon le cas chaude).
Protection de la tête contre le soleil : le chapeau « bob » est plus efficace que la casquette car plus couvrant.
Lunettes de protection solaire : attention, l’œil de l’enfant est extrêmement fragile. Éviter les lunettes gadget, optez  pour des verres solaires catégorie 3, voir 4 lors de balades enneigées.
Protection solaire : prévoyez de la crème en quantité et de qualité selon la météo.
Sac à dos (ne pas dépasser 3 et 5 kilos entre 8 et 12 ans) : vous y glisserez la veste de protection, quelques barres de céréales et sa ration d’eau et son papier toilette.
Privilégier un pantalon plutôt que le short : utile pour le protéger du soleil comme des agressions liées aux terrains.

Derniers conseils :

  • Vérifiez que votre enfant boive en suffisance…
  • Initiez-les au pas du montagnard (lent et continu) pour aller lentement mais loin… 😉
  • Vérifiez aussi la météo avant de partir, il serait dommage de faire d’une superbe randonnée estivale un calvaire sous la pluie froide.
  • Assurez vous vraiment de pouvoir faire demi tour ou d’adapter votre chemin en cas de besoin.
  • Équipez-vous de cartes, plans et préparez vos sorties.
  • Vérifiez toujours le matériel emporté par les enfants (chaussures, veste, nourriture, eau.)
  • N’oubliez pas votre trousse de secours qui servira autant à vous qu’a l’enfant.

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N’hésitez pas à commenter si vous aussi vous avez des conseils qui compléteraient l’article… 😉

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