C’est avec Eric, aspirant guide accompagnateur en randonnée, que j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de cet été 2015 avec ce Tour du Beaufortain en semi-autonomie entièrement préparé et ajusté par ses soins. Ce n’est pas moins de 121 kilomètres en 8 jours de marche effectifs et 12.500 mètres de dénivelé cumulé qu’il aura fallu pour boucler cet itinéraire particulier aux paysages somptueux et particuliers, dans une région qui a su garder son authenticité… Avec de très bons moments mais aussi de moins bons, c’est un beau défi que je me suis lancé tout juste 7 mois après mon opération au genou.


Le Beaufortain…

Il s’agit d’une région située entre les Aravis et la Vanoise, s’étendant autour de la commune de Beaufort-sur-Doron dans le département français de la Savoie. Moins connu et n’étant ni un parc national ni un parc régional, il a cependant plus d’un atout dans sa poche…

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Le Beaufortain culmine en son centre à 2999 mètres au sommet du Roignais et est un massif idéal pour aller admirer toute la beauté sauvage de la faune alpine. La palette de couleurs du Beaufortain est généreuse, du vert des pâturages, au turquoise des nombreux lacs d’altitude où se reflètent les neiges éternelles du Mont Blanc.

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En s’y promenant, on a un peu l’impression d’être dans le Jura ou dans le Valais suisse… Assez isolé et épargné par les grands axes de communication, le Beaufortain a su garder une ambiance particulière, « à l’ancienne », où le seul bruit perturbateur semble provenir des cloches au cou des vaches…

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C’est aussi le pays du fromage : le Beaufort, ou plutôt les Beaufort (d’hiver, d’été et d’alpage).

Dès que l’on sort des vallées et que l’on s’élève vers un col ou un sommet, on a accès à des panoramas étendus avec au Nord sur la chaîne du Mont-Blanc, au Sud sur la Vanoise et les Écrins, le massif des bauges, les Aravis et la lointaine Chartreuse…

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Le trek, jour par jour…

Nous avons décidé de faire ce tour en « semi-autonomie », c’est à dire que nous emportons notre matériel pour dormir tous les jours sous tente dont 3 fois en camping et nous emportons qu’une partie de notre nourriture et eau, pour alléger un peu les sacs et profiter de la gastronomie locale dans les villages et refuges d’altitude… (hourra ! 😀 )

Il y a de l’eau un peu partout dans cette région d’élevage que ce soit en refuges, sources ou fontaines dans les alpages. C’est donc parfait pour se laver et se réapprovisionner en eau. Il est cependant conseillé d’utiliser des pastilles purifiantes si vous devez prendre de l’eau ailleurs (cascades, torrents).

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Si vous ne souhaitez pas dormir sous tente et donc alléger davantage votre sac à dos, les ravitaillements sont possibles dans les nombreux villages traversés. Dans les gîtes d’étapes, on dispose de repas complets. Les gardiens de refuges proposent également des pique-niques. Pensez à réserver à l’avance même si la capacité des gîtes est convenable (les infos de contact des refuges et campings dans les liens des titres ci-dessous).

Jour 0 : Les Contamines-Montjoie – Lac d’Armancette

Le départ de cette randonnée itinérante a pour lieu le village nommé Les Contamines-Montjoie. Après 8 heures de route, nous entamons l’étape préliminaire vers Lac d’Armancette que l’on a donc appelé « jour 0 ».

Après 1h30 de montée sous la pluie depuis le village (PARKING LES ECOLES), nous arrivons à ce petit lac qui offre un très beau panorama sur le Mont Joly et sur les dômes de Miage et qui sera le site de notre premier bivouac.

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Ce sera d’ailleurs l’occasion de tester pour la première fois un repas lyophilisé de la marque MX3 que je me suis procuré sur www.lyophilise.fr (Tous les autres tests et avis ici).

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Jour 1 : Lac d’Armancette – Refuge du Col de la Croix du Bonhomme

Après un bon petit déjeuner dans les tentes, nous replions celles-ci en profitant d’une accalmie de la pluie pour entamer notre première vraie journée de randonnée vers le Col du Bonhomme. Nous revenons un peu sur nos pas pour prendre « le chemin des loyers d’en Haut » vers le Cugnon. Nous retrouvons la route principale du village et continuons le long de celle-ci pour commencer à monter vers le Pont de la Téna, un ancien pont romain.

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La montée est assez marquée et nous profitons de l’hospitalité du chalet/hôtel Nant Borrant pour faire une pause de midi au sec et au chaud, la pluie n’ayant toujours pas cessé de tomber.

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Le chemin continue de monter vers La Balme puis jusqu’au Col du Bonhomme, où nous profitons d’une cabane en bois pour faire une pause. Un panneau nous indique qu’il reste une vingtaine de minutes de marche vers le refuge du Col de la Croix du Bonhomme que nous rejoignons pour y faire sécher nos vêtements trempés et boire un chocolat chaud plus que bienvenu.

Nous allons installer nos tentes sous la pluie, mon montage est fastidieux et plutôt folklorique… Une fois bien installés, à +- 2400 m alt., nous allons prendre un bon repas au refuge puis allons nous reposer.

Une « belle » première journée… sous la pluie 🙂


Jour 2 : Refuge du Col de la Croix du Bonhomme – Refuge de Presset

Au réveil, nous avons de la neige fondue sur la toile des tentes… comme l’année dernière dans les Cerces, coïncidence ? 🙂

Je ne le sais pas encore, mais ce sera la nuit la plus froide du tour, pas loin de 0°C.

Reboostés, nous entamons notre journée par le passage tant attendu de la Crête des Gittes… sous la brume. Nous ne voyons pas à 20m, c’est dommage, le panorama est censé être grandiose… Petite déception.

Sur la Crête des Gittes... montée dans les nuages et la bruine après une nuit juste au seuil des 0 degrés... Peu de photos car bcp pluie. Temps sec à partir de mardi. :)

Mais grâce à la magie d’internet, je peux vous montrer (oui je suis bon…) ce que nous aurions dû voir 🙂

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(Image : www.randojourparjour.wordpress.com)

Directement après cette crête nous arrivons au Col de la Sauce où le temps commence à se stabiliser. Nous descendons vers le lieu-dit Bel Air (chalet) pour rejoindre par un sentier raide et glissant (n’est-ce pas Eric…) 😀 la plaine où coule le Nant des Lautaret, pour rejoindre la route D925 qui nous mènera à notre lieu de casse croûte de midi, où nous aurons l’occasion de faire sécher nos tentes.

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La suite est plus sympathique : le ciel s’éclaircit et on commence à apercevoir (enfin) un peu de montagne en continuant notre chemin vers le lac de Presset qui sera notre lieu de bivouac du soir.

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Nous apercevons notre première marmotte, chouette moment…

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La suite est très agréable, malgré la montée…

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Dans la Combe de la Neuva, j’aperçois ce que je pense être un vautour fauve, je suis heureux…

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Le Col du Grand Fond nous lorgne, juste en contrebas de la Pointe de Presset. Une fois passés ce col, nous entamons notre descente vers le lac et le refuge de Presset.

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Nous nous installons à proximité de ceux-ci sur une zone prévue à cet effet et nous profitons du superbe refuge pour y faire sécher nos affaires et prendre une douche bien méritée.

N’oubliez pas de manger les succulents spaghetti Carbonara du chef Nicolas… je vous les conseille vivement !

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Le refuge termine son troisième été, neuf et moderne, il conviendra aux randonneurs les plus exigeants…

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Le lac est certainement très beau, mais avec la météo encore fort maussade, nous n’avons pas pu vraiment profiter de la beauté des lieux à sa juste valeur…

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Jour 3 :  Refuge de Presset – Alpages des Rognoux

Cette journée sera la plus longue…. Nous avons en effet adapté notre itinéraire pour aller jusqu’au lac de St-Guérin dans la vallée, pour éviter un sommet, la difficulté se faisant sentir. Nous commençons notre journée vers le Col du Bresson, que nous passons, pour ensuite nous diriger vers la Pierra Menta, sommet mythique pour la randonnée pédestre et à ski dans le massif du Beaufortain, bien que secondaire de par son altitude. Le nom dérive directement du francoprovençal Perrâ mentâ, pierre montée.

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Nous apercevons juste avant le col du Bresson tout un troupeau de Bouquetins qui nous observent des hauteurs embrumés…

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Nous continuons ensuite vers un chemin assez hasardeux et aérien que je déconseille par temps de pluie… quelques passages plus que dangereux… Eric est perplexe…

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Arrivés au pied de la Pierra Menta, nous assistons à un spectacle de brume assez fantasmagorique…

Juste après la Pierra, j’aperçois un chamois, seul, ne semblant pas très dérangé par notre présence… 🙂

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Nous descendons ensuite vers le lac d’Amour.

Pour remonter vers le Col du Coin, et quelle montée ! La vue juste au dessus de celui-ci en vaut la peine…

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Nous profitons de quelques rayons de soleil pour prendre notre pause sur des rochers du plan Brunet, en bas du col.

La suite est superbe, le soleil perce enfin !

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Ravitaillement en eau au Refuge de la Coire pour remonter vers le lac de la Motte.

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Une fois au lac à celui-ci, nous entamons notre loooogue descente vers le Lac St Guérin en passant d’abord par le lac des Fées.

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Le lac St Guérin contribue, avec le barrage de la Gittaz au remplissage du barrage de Roselend et compose ainsi le vaste ensemble hydroélectrique du Beaufortain.

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Nous utilisons la passerelle du Lac pour contourner celui-ci et éviter le tour complet pour chercher un emplacement de bivouac, la journée commençant à se faire sentir…

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Et c’est après une heure et demie de montée après le lac qu’Eric nous trouve un chouette emplacement, dans les alpage des Rognoux.

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Jour 4 : Alpages des Rognoux – Alpages des Lacs de Lavouet

Dès le début de cette journée, le temps est incertain et nous offre encore des ambiances particulières…

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La montée par les alpages se fait pourtant dans la bonne humeur… petit ravitaillement en eau au Refuge de l’Alpage pour continuer vers le lac Tournant. 

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Le temps de midi arrive déjà et faibles que nous sommes, nous troquons nos tartines pour un délicieux repas au refuges des Arolles… J’ai un peu honte de vous le dire, mais j’y ai mangé un Steack haché frites salade… et je pense que c’est le meilleur que j’ai mangé dans ma petite vie… 😀

Le ventre bien rempli et après une longue digestion, nous continuons la montée vers le Col de la Bâthie.

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La suite et fin se définiront par une marche agréable vers la cascade de Lavouet dans les alpages puis une montée assez raide vers les Lac de Lavouet.

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Nous décidons de nous installer au dessus des lacs, dans les alpages, en compagnie des vaches bien curieuses 🙂

Il fait assez froid et je décide de manger dans ma tente… puis d’aller photographier les alentours et profiter des lumières du soir… 🙂


 

Jour 5 : Lacs de Lavouet – Queige (Camping des Glières)

Cette journée sera principalement une longue marche en descente… une fois passés le col des lacs qui nous offre une belle vue sur la vallée et Albetrville, nous entamons la descente vers Queige qui sera notre but.

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Durant celle-ci, nous passons par le chalet non gardé des Mozes, où nous mangeons à midi. Sympathique découverte…

Nous continuons ensuite de descendre par la fôret de Molliessoulaz, aux airs de Vosges

Nous arrivons ensuite au camping municipal de Queige où une gente dame viendra à 16h00 précises nous enregistrer. Le camping étant situé juste à côté de la RD925… oubliez le calme, il y a ici juste de quoi vous laver (installations plus que correctes) et passer la nuit.

J’en profite ceci dit pour mettre l’accent sur une sympathique rencontre à Queige, celle de Claudia et Jean Michel, tenanciers du Café du Mirantin.

Pendant que monsieur nous conseillait sur l’itinéraire à prendre le lendemain, madame nous a préparé un somptueux repas, rien que pour nous deux. Entrée, plat, dessert avec un vin en carafe le tout à un prix dérisoire…

Heureusement qu’ils étaient là, c’est le seul commerce de Queige…

Gentillesse et serviabilité, ce couple originaire du sud sait recevoir… Sans oublier le dépôt de pain grâce auquel nous avons goûté le délicieux « pain montagnard » et l’épicerie pour faire le plein en nouvelles provisions du terroir pour le lendemain 🙂

CAFE DU MIRANTIN – Tel : +33 4 79 38 39 68 – jmsavineau@wanadoo.fr

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Jour 6 : Queige – Camping des Joret

Probablement la journée la plus dure… le chemin ne faisant que monter !

Nous entamons donc sous le soleil (youhou !) l’ascension par la variante du tour du Beaufortain. Nous apercevons pour la première fois au loin le Mont-Blanc, un énorme coup de boost dans cette montée infernale !

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Entre routes en lacets et chemins d’alpages, la vue sur la vallée est sympathique…

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Nous faisons une pause sur un replat herbeux et en profitons pour manger ce fameux pain montagnard…

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Et à ma grande surprise, j’aperçois un aigle royal…  je suis de nouveau encore plus heureux…

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La fin de la journée se ponctue par la montée vers le Camping LES JORETS conseillé le jour avant par notre ami Jean Michel du café du Mirantin.

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Et il a bien fait : le camping est calme, et bourré de charme… sans oublier son propriétaire Bruno, qui émane une gentillesse débordante.

Comme incorporé au milieu, le camping est vraiment beau, petit, simple. Les installations très correctes, mélangeant l’ancien et le nouveau. Un chalet est mis à disposition des randonneurs, du matériel (couverture, réchauds, gazinière, table, etc.).

Ici pas de mini golf, de piscine, ni d’animations organisées, mais un cadre authentique de hauts alpages en montagne face au Mont Blanc, à 1750 m d’altitude.

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Une vue sur la vallée superbe…

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Bref… un endroit authentique à découvrir… !


Jour 7 : Camping des Jorets – Alpages du Signal

La vue au réveil est juste magique

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Avec un Mont Blanc dans sa plus belle tenue…

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Je ne m’en lasse pas 🙂

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Dans la bonne humeur et reboostés à fond par ce cadre enchanteur que nous peinons à quitter, nous nous dirigeons vers la Légette pour bifurquer vers le Col de Véry.

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Petite halte au Mont Clocher pour admirer la vue…

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C’est d’ailleurs le monsieur qui nous a gentiment photographié qui nous citera chaque sommet et massif… Impressionnant. On peut y voir, face au Massif du Mont Blanc, le Col des Aravis et sa chaîne au Nord-Ouest, le massif des Bauges au sud Ouest, la Chartreuse, …

Après une pause au refuge de la Croix de Pierre, nous descendons vers le Col du Joly pour chercher une zone de bivouac correcte.

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Une descente de courte durée car il faut remonter presque 200 m pour allonger vers le col. Nous apercevons quelques chamois… un peu de douceur dans ce monde de brute (je parle de la montée qui sera la dernière du séjour…) 🙂

Ne trouvant pas de zone propice à un bivouac confortable, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer et descendre vers l’arrivée du télécabine des Contamines appelée « Le Signal », où un alpage nous accueillera.

Malgré les infrastructures, la vue y est encore sympa.

Profitons de ces derniers instants en montagne…

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Jour 8 : Alpages du Signal – Les Contamines Montjoie (Camping Le Pontet)

Le matin, c’est partagé entre un sentiment de bonheur et de mélancolie que nous entamons la descente finale (et courte) vers les Contamines, village de départ qui bouclera ce tour…

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Un élan de « folie » nous envahit 🙂 : nous nous séparons ! Eric prend le chemin par la vallée, moi le long des remontées plus en ligne droite, mon genou commençant à se faire sentir… Nous nous retrouvons dans le village une heure et demie après, heureux…

C’est finalement un Tour du Beaufortain haut en couleurs que nous avons vécu, dans un milieu enchanteur et plein de surprises. Des dénivelés et un terrain plus que marqués dont nous n’attendions pas autant de difficultés sacs au dos, une météo maussade dès le début, un genou de temps à autre capricieux, …

L’occasion aussi pour moi de tester du nouveau matériel que je connaissais peu, de mettre à l’épreuve ma résistance et de voir mes limites dans la dureté du milieu qu’offre la montagne.

Une nature rude mais juste, qui a sur nous proposer un panel de souvenirs, de panoramas et d’émotions que je garderai encore longtemps dans ma petite tête !

Merci à Eric pour la préparation du tour et pour les nombreux bons moments… 🙂

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Pour terminer la photo prise par ce gentil monsieur sur le Mont Clocher… 🙂


Infos supplémentaires :

  • Documentation et cartographie : Cartes IGN 3531 ET, 3531 OT et 3532 OT au 1/25000ème. Si vous désirez avoir de plus amples informations sur la région, vous pouvez aussi glisser dans votre sac le topo guide de la FFRP « Tour du Beaufortain » (ref : 731).
  • Topo précis du parcours : Ce trek a entièrement été préparé et ajusté par Eric, que je remercie chaleureusement. Il a cependant été inspiré d’un des récits de Pierre Martin aperçu sur son site que je vous invite à découvrir et qui est une véritable mine d’or pour les randonneurs.Voici cependant la trace de notre itinéraire que vous pouvez visionner sur OPENRUNNER, ainsi que la télécharger pour votre GPS.

 

Nhésitez pas à commenter ou me contacter pour plus d’infos ! (dénivelés, etc.)


Galerie photos :

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5 COMMENTS

  1. Bonjour,

    Un récit bien fait et très agréable à parcourir. Vous nous donnez vraiment l’envie de suivre vos traces.
    Bravo et merci.
    Cordialement

    Bernard Ducrocq

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