Il y a quelques semaines je prenais à nouveau la direction de l’extrême sud de la Belgique pour continuer à explorer cette région que j’avais déjà eu la chance de découvrir l’année dernière (et même celle avant). Voici donc une nouvelle idée pour un week-end apaisant dans cette région chaleureuse qu’est la Gaume !

Pour celles et ceux qui se demanderaient encore où se situe la Gaume, voici un rappel vite fait…

www.soleildegaume.be

C’est cette fois en compagnie de Karl du chouette blog Yummy Planet que je m’en vais en direction ce cette partie du pays située tout au sud du territoire belge. Après 1h45 de route nous arrivons à Musson (ou « Mson », comme on dit ici) qui est notre première étape du séjour. La commune est située (également) à l’extrême sud de la province de Luxembourg et est limitrophe à la France.

D’ailleurs comme dans d’autres villages Gaumais, l’hôtel de ville s’appelle ici « mairie » tandis que le bourgmestre est un « maire ». Rien qu’en sachant ça, je suis déjà dépaysé.

A peine à deux heures de route… J’adore !

Nous laissons notre voiture près de l’église pour aller découvrir la Réserve naturelle de Musson grâce à l’application Izitravel qui nous dispense de chouettes informations sur la région et nous permet d’effectuer un voyage au temps de la sidérurgie et d’en observer ses dernières traces. C’est facile, efficace et permet aussi de s’orienter facilement. Il y a aussi possibilité de pré-télécharger les données avant (sur un réseau wifi) et donc éviter les frais de données cellulaires.

Nous pénétrons dans la réserve et tombons nez à nez avec un troupeau de moutons et un âne qui nous regardent tranquillement traverser…

Géré par la DNF, ce site naturel est en fait un ancien site industriel réhabilité qui couvre une superficie d’environ 25 ha.

Les sols y sont particulièrement différents des terres argileuses voisines. Ceci est dû à l’ancienne exploitation et ils sont ainsi à la base du développement d’un site écologique riche et remarqué par les naturalistes et les scientifiques.

On a par exemple dénombré dans la réserve une pléiade de plantes, 40 espèces d’oiseaux et 40 espèces d’insectes dont le criquet à ailes bleues, une espèce protégée en Wallonie.

Balade de 4,5 km réalisable en 1h30.

Il est déjà 11h30 et nous avons faim… (j’ai toujours faim). En regardant la carte, je me rends compte que nous ne sommes pas très loin de Ethe, un village entre Virton et Arlon. C’est là qu’il y a deux ans j’ai découvert le Bistrot de Terroir® « Au Cœur de la Gaume ». J’en garde de merveilleux souvenirs et je me devais de faire découvrir cela à Karl.

C’est dans cette ancienne bâtisse typiquement gaumaise que Claude Peignois (ou « le Glaude ») oeuvre depuis 1991 pour servir des plats régionaux (faits maison et bio) dans une ambiance on ne peut plus chaleureuse et traditionnelle. Il se fera un plaisir de te parler de son passé sans jamais être égocentrique. Quel délice de l’entendre parler quelques mots de patois au détour d’une touffaye, dans un cadre rustique et entouré de toutes sortes d’objets anciens… Chaque fois, je dis bien chaque fois que je viens en Gaume, je passe dans cet endroit magique ne serait-ce que pour déguster un bon Orval en l’agréable compagnie d’un pilier de comptoir du village ! 🙂

www.aucoeurdelagaume.be

C’est le ventre bien rempli que nous repartons vers Couvreux pour continuer notre exploration.

Nous laissons une nouvelle fois notre véhicule près de l’église pour commencer notre promenade sur les hauteurs du village.

Nous apprenons via l’application Izitravel que l’origine étymologique du village pourrait venir du mot « Couv » qui proviendrait de colobra, couleuvre et indique à un ruisseau (Vreux) à lacet, à la manière d’un serpent. Mais un autre sens étymologique existe : anciennement le village de Couvreux s’écrivait « Escouvreux » provenant du mot germain « schop » qui désigne un bâton garni de paille marquant la limite d’un champ. On pencherait cependant plutôt sur le mot latin « scopa » qui veut dire balai.

Que de suppositions pour un nom de village…

Quoiqu’il en soit, la promenade nous emmène à la frontière entre la Belgique et la France et nous propose de jolis paysages.

On apprend aussi que cette balade (La Guinguette) de 5,5 km tire son nom d’un lieu-dit au Nord-ouest du village construit au 19ème siècle à la frontière et qui servait de point de départ aux contrebandiers tant français que belges. Car autrefois au temps de la contrebande, le village de Couvreux était un lieu de passage privilégié pour les passeurs de tabac qui se rendait en France. Ils en rapportaient aussi du parfum, du fromage, du vin et des quantités d’alcool…

Cette ambiance bucolique nous plait particulièrement…

Après une bonne heure de promenade, nous revenons à notre point de départ et rentrons vers notre logement de ce séjour.

BON PLAN :

Rien ne t’empêche cependant d’aller découvrir Montquintuin à un jet de pierre… Ce village est situé au sommet d’une crête à 320 mètres d’altitude et domine la région de Virton et la vallée du Ton. Montquintin est un lieu d’exception offrant un point de vue unique sur le paysage gaumais. On peut y découvrir le château de Montquintin construit au XIIIe siècle à partir d’une tour isolée, la ferme seugneuriale et son ancien colombier du XVIIe siècle, la ferme de la Dîme construite en 1765, transformée en musée de la vie paysanne ou la jolie église construite en pierre calcaire (et son « visiorama »).

Nous arrivons dans le petit village de Sommethonne pour y découvrir les Chambres et Table d’Hôtes « La Gaum’Aise ». Le nom ne s’invente pas… Pascale et Thierry nous accueillent chaleureusement et nous présentent nos chambres.

Les quatre chambres sont spacieuses et très confortables. Chacune dispose d’une salle de bains individuelle. Discrètement, l’une ou l’autre plaque émaillée évoque l’une des 5 trappistes officiellement reconnues, dont la célèbre trappiste d’Orval brassée à peine à 25 km.

Le bâtiment (une ancienne fermette gaumaise entièrement rénovée) était la maison familiale de la grand-mère paternelle de Pascale.

La décoration y est raffinée alliant style moderne et traditionnel avec une subtile touche brassicole. En effet Thierry était jadis brasseur. Une bière qu’il fabriquait portait déjà le nom de « Gaumaise ». Nous l’avons dégustée, elle est délicieuse…

Le nom donnée à la salle à manger, qui est aussi une « pièce de convivialité » est d’ailleurs… « La brasserie ».

Nous y avons mangé un délicieux repas composé de produits frais et locaux (dont du magret fumé par Thierry).

N’hésite pas à demander des conseils sur les chouettes lieux à visiter dans les alentours. Pascale et Thierry connaissent la région comme leur poche et sauront t’aiguiller selon tes envies. Ils ont aussi tout un tas de fiches de randonnées sympas à faire dans le coin !

Tarifs : 90 € la nuitée en chambre double.
Petit déjeuner, taxes, charges et nettoyage inclus (tarifs dégressifs).
Menu du terroir 3 services : 30 pp. Pique-nique : 10 € pp.
Plus d’infos et réservation : www.gaumaise.be

C’est après une nuit reposante et un solide petit déjeuner que nous prenons la route vers Villers-La-Loue sous les conseils de Pascale qui nous indique où se trouve un magnifique champs de coquelicots. En effet les fermiers n’utilisent plus de pesticides de synthèse et permettent notamment à cette jolie plante rouge de se développer et favoriser l’apparition des pollinisateurs.

Le petit détour vaut le déplacement… De mémoire je pense ne jamais avoir vu un aussi grand champ de cette fleur !

Nous sommes impressionnés et nous nous donnons à cœur joie niveau photos…

Il faut savoir que Karl est photographe et apprécie ce genre de sujet.
Voici quelques-unes de ses photos prises au même endroit.

© Karl Delandsheere – Yummy Planet

C’est d’ailleurs dans les coquelicots et avec beaucoup d’amusement qu’il se fait presque « charger » par un lièvre qui ne l’aperçoit dans sa trajectoire qu’au dernier moment. Qu’est-ce qu’on a ri… 😀

Le lièvre, « Lepus kamikazis ».

Après cet événement pour le moins inhabituel, nous empruntons les routes de campagne en direction de Torgny afin de découvrir un des plus beaux villages de Wallonie (si pas le plus beau à mon humble avis, ou en tout cas le plus dépaysant !).

En effet Torgny est le village situé le plus au sud de la Belgique !

C’est la rivière la Chiers qui matérialise la frontière entre la Belgique et la France. Elle est considérée comme la plus ancienne frontière belgo-française, fixée en 1659 par le traité des Pyrénées.

Souvent surnommé « la petite Provence Belge », ce village jouit d’un charme exceptionnel qui n’a d’égal que sa qualité ensoleillement. Il paraîtrait d’ailleurs que les habitants de Torgny peuvent profiter d’un microclimat… Ce n’est d’ailleurs pas étonnant d’y trouver des vignes sur les hauteurs du village ! Le village semble protégé des vents frais par le massif forestier et un relief vallonné caractéristique.

On remarque aussi les toits de tuiles creuses qui offrent des superbe assemblages de couleurs et se marient parfaitement avec les teintes tout aussi chaleureuses des murs des maisons.

  Comme tu peux le voir, Torgny est une perle à découvrir si tu viens en Gaume.

Nous décidons ensuite de remonter le territoire et faire un saut du côté de Chassepierre où nous dégotons un chouette endroit au bord de la Semois pour déguster notre pique-nique de la chambre d’hôtes.

Chassepierre est également classé comme un des plus beaux villages de Wallonie. Le village est aussi célèbre pour son festival international des arts de la rue qui a lieu chaque année durant l’avant-dernier week-end d’août.

Vue au bord de la Semois à Chassepierre
Un chouette endroit pour manger au bord de l’eau, juste après le pont.

Il est possible de faire un petit tour « au fil de l’eau » (1,7 km) pour découvrir le village, toujours avec l’appui de l’application Izitravel et ses anecdotes intéressantes.

Nous décidons cependant d’aller digérer sur les hauteurs de la Semois avec une ballade de 7km qui nous fait passer par un chouette point de vue dans les alentours de Azi, un hameau où nous laissons notre véhicule.

L’itinéraire « La Bohanan » fait partie des promenades balisées de la Carte de promenades Florenville – Chiny – Herbeumont disponible notamment au Syndicat d’initiative de Florenville (tout proche) au prix de 8€. Trace GPX ici.

Il permet de faire une boucle très agréable et de profiter de jolis panoramas sur les sombres méandres de la Semois en suivant le balisage de rectangles bleus.

C’est sur cette balade que nous terminons notre week-end en Gaume qui confirme bien que cette « douce région du sud » n’a rien à envier à ses voisines l’Ardenne ou le Pays d’Arlon. Une chose est certaine, j’ai déjà hâte d’y retourner !

Si cet article t’as plu, n’hésite pas à le partager 😉 Ce petit geste me fait toujours très plaisir et m’aide à continuer de proposer ce genre d’idée de week-end.

Bonne découverte !


BONUS

28 idées de promenades bucoliques à travers champs, bois et villages.
Fiches à télécharger ici.

7 grands itinéraires rando couvrant plus de 252 kms
https://randos.lorraine-gaumaise.com/fr/

N.B. : L’accessibilité des promenades est susceptible de changer en fonction de l’évolution de la Peste Porcine Africaine. Merci de vous tenir informés au +32 (0)63 57 89 04.

Pour plus d’infos sur la Gaume

Maison du Tourisme de Gaume
2/B, Rue des Grasses-Oies, 6760 Virton
Tél : +32 63 57 89 04
www.soleildegaume.be



Cet article est le fruit d’un séjour invité par la Maison du Tourisme de Gaume. Merci une nouvelle fois à eux pour leur confiance. Les propos de cet article restent cependant (et comme toujours) libres et sincères.